— Au contraire, on m’attend aujourd’hui, et, si l’on ne me voyait pas arriver, on serait inquiet.

— Je vous en prie, restez. Vous obstiner à partir maintenant, c’est peut-être exposer votre vie.

— Bah ! à la grâce de Dieu.

— Adieu donc ; et que Dieu vous conduise !

Les deux hommes se serrèrent la main ; Jérôme rentra tristement dans sa maisonnette, et Marcel s’éloigna à grands pas, ayant Petiote sur ses talons.

Le jeune homme poursuivait sa route, un peu au hasard et peu soucieux de s’engager dans un sentier ou dans un autre. Tout à coup, il s’aperçut que le chemin large et assez bien entretenu dans lequel il s’était engagé d’abord, se rétrécissait à chaque pas et peu à peu se changeait en un véritable sentier de chèvres, sur lequel, pour conserver son équilibre, il lui fallait toute son adresse et son habitude de coureur de montagnes.

Il se vit contraint, malgré lui, à faire des haltes fréquentes pour reprendre haleine et réparer ses forces ; malgré l’air vif et presque froid qui lui frappait le visage, son front était inondé de sueur.

Cependant, il avançait toujours, bien résolu à sortir au plus vite de ces montagnes où la mort l’entourait de toutes parts. S’arrêter et passer la nuit à l’endroit où il se trouvait était s’exposer aux plus grands dangers. Il importait d’avancer quand même.

Il atteignit ainsi une espèce de plate-forme étroite, s’avançant un peu en saillie, et de laquelle le regard s’étendait à une assez longue distance.

Le jeune homme s’arrêta et inspecta les environs avec la plus scrupuleuse attention.