Bermudez se baissa vivement, les ramassa et les remit à son maître. Celui-ci fit machinalement le geste de les replacer dans le portefeuille. Bermudez l'arrêta résolument.

—C'est Dieu qui vous donne les moyens de connaître enfin la vérité, dit-il; ne négligez pas l'occasion qu'il vous offre, sans cela vous pourriez plus tard vous en repentir.

—Violer les secrets de mon frère, murmura don Mariano avec un mouvement de répulsion.

—Non, repartit sèchement Bermudez, mais savoir comment il est devenu le maître des vôtres; seigneurie, souvenez-vous de la cause de notre voyage.

—Mais si je me trompais... s'il n'était pas coupable?

—Tant mieux! De cette façon vous en acquerrez les preuves.

—Ce que tu me pousses à faire là est mal, je n'ai pas le droit d'agir ainsi.

—Eh bien, moi qui ne suis qu'un misérable criado dont les actions n'ont aucune portée sérieuse, dans votre intérêt, je le prends, ce droit, seigneurie.

Et, par un geste rapide comme la pensée, il s'empara du portefeuille.

—Malheureux! s'écria don Mariano, arrête! Que vas-tu faire?