—Je ne demande pas mieux; seulement je vous ferai observer, chef, que j'ignore encore quel est le personnage que vous me destinez à représenter.

—Mon frère est un tlacateotzin, un grand médecin yuma.

—Pardieu! L'idée est bonne; de cette façon je pourrai m'introduire partout.

Le Comanche s'inclina en souriant.

—Je serai bien maladroit si je ne réussis pas, continua le chasseur; mais, puisque je suis médecin, je ne dois pas oublier de me fournir de médicaments.

Bon-Affût, fouillant alors dans ses alforjas, en retira tout ce qui aurait pu le compromettre, et n'y laissa que sa trousse de voyage et une petite boîte à médicaments qu'il portait toujours avec lui, bagage précieux auquel il avait eu recours dans mainte occasion. Il ferma les alforjas, les jeta sur son dos, et se tournant vers le chef:

—Je suis prêt, lui dit-il.

—Bon; l'Églantine et moi nous irons en avant, afin de faciliter la route à mon frère.

Le chasseur fit un signe d'assentiment.

L'Indien appela sa femme: tous deux, après avoir pris congé des aventuriers, s'éloignèrent.