—J'y accompagnerai mon fils, s'il veut bien y consentir.
—Ce sera un honneur pour moi. Je puis, n'est-ce pas, compter sur l'appui de mon père?
—Quand cet appui a-t-il manqué à Addick?
—Jamais. Cependant, aujourd'hui surtout, je voudrais être certain que mon père me l'accordera.
—Mon fils sait que je l'aime, j'agirai comme je le dois, répondit évasivement le devin.
Addick, à son grand regret, fut contraint de se contenter de cette réponse ambiguë.
Les deux hommes sortirent alors et traversèrent la place pour entrer au palais des sachems où se réunissait le conseil.
Une foule d'Indiens attirés par la curiosité encombraient cette place ordinairement solitaire et saluaient de leurs acclamations le passage des sachems renommés.
Lorsque le grand-prêtre parut accompagné par le jeune chef, les Indiens se séparèrent devant eux avec un respect mêlé de crainte et les saluèrent silencieusement.
L'amantzin était encore plus redouté qu'il n'était aimé du peuple, comme cela arrive généralement à tous les hommes qui disposent d'un grand pouvoir.