—Toute force et toute sagesse viennent du Wacondah, répondit le Canadien, je désire demander à mon père l'amantzin, qu'il me permette de passer cette nuit en prière dans le temple du Soleil.

Les Indiens échangèrent entre eux un regard d'admiration.

—Qu'il soit fait selon la volonté de mon père, répondit le grand-prêtre en s'inclinant; ses désirs sont pour nous des ordres.

—Surtout, reprit le chasseur, que jusqu'à demain personne n'approche les filles des visages pâles; alors peut-être le Wacondah exaucera mes prières en m'indiquant les remèdes dont je dois me servir.

Le grand-prêtre s'inclina en signe d'assentiment.

—Il sera fait ainsi, dit-il; que mon père me suive, je le conduirai au temple.

—Non, répondit Bon-Affût, cela ne se peut pas, je dois entrer seul dans le sanctuaire; que mon père me dise la façon d'ouvrir la porte.

L'amantzin obéit et lui expliqua de quelle manière les barres et les verrous qui fermaient le temple étaient disposés et comment il fallait s'y prendre pour les enlever.

—Bon, fit le chasseur: demain a l'endit-ha—au lever du soleil,—je ferai connaître à mon père la volonté du Wacondah et s'il nous reste espoir de sauver les malades.

—J'attendrai, mon fils, dit le vieillard.