Mais celui-ci était impénétrable.
—Écoutez, répondit-il, voici ce que cette nuit le grand esprit m'a révélé: En ce moment arrive dans la ville un tlacateotzin d'une tribu éloignée; je ne le connais pas, jamais jusqu'à ce jour je n'avais entendu parler de lui; c'est cet homme divin qui doit m'aider à sauver les malades. Lui seul sait quels remèdes doivent leur être administrés.
—Mais, fit le grand-prêtre avec un accent de soupçon mal dissimulé, mon père nous a donné des preuves de son immense savoir; pourquoi ne termine-t-il pas seul ce qu'il a si bien commencé?
—Je suis un homme simple dont la force réside dans la protection que le Wacondah m'accorde; il m'a révélé le moyen de rendre la santé à celles qui souffrent: je dois obéir.
Le grand-prêtre s'inclina avec soumission et invita le chasseur à lui confier ce qu'il comptait faire.
—Le tlacateotzin inconnu le dira à mon père lorsqu'il aura vu ses captives, répondit Bon-Affût; mais son attente ne sera pas longue, je sens l'approche de l'homme divin. Que mon père l'introduise sans retard.
Précisément en ce moment plusieurs coups furent frappés à la porte extérieure. Le grand-prêtre, dominé malgré lui par l'assurance du chasseur, se hâta d'aller ouvrir. Don Leo parut; grâce à l'Aigle-Volant, il était méconnaissable. Il est inutile de faire remarquer au lecteur que cette scène avait été préparée par le Canadien et le guerrier comanche, pendant le court a parte qu'ils avaient eu avant de se quitter dans le temple.
Don Leo jeta un regard interrogateur autour de lui.
—Où sont les malades que je dois délivrer du grand esprit, selon l'ordre du Wacondah? dit-il d'une voix sévère.
Le grand-prêtre et le chasseur échangèrent un regard d'intelligence. Les deux Indiens étaient confondus; l'arrivée de cet homme si clairement prédite par Bon-Affût leur paraissait tenir du prodige.