—Qu'ils descendent à l'instant, je les attends ici; va, mon fils, le temps presse.

—Et vous, seigneurie?

—Moi, tu m'apporteras un chapeau, une esclavina, mon épée et mes pistolets; allons, dépêche.

Pepito ne se fit pas répéter cet ordre; laissant la porte ouverte, il s'éloigna en courant.

Quelques minutes plus tard, une vingtaine de bandits armés jusqu'aux dents firent irruption dans la rue en se bousculant les uns les autres. Arrivés auprès du soldat, ils le saluèrent respectueusement, et, sur un signe de lui, ils demeurèrent immobiles et silencieux.

Pepe avait apporté les objets demandés par celui que l'evangelista avait nommé don Aníbal, que lui appelait don Toribio et qui, probablement, portait encore d'autres noms, mais auquel nous conserverons provisoirement le dernier.

—Les chevaux sont-ils prêts? demanda don Toribio, en recouvrant son uniforme avec l'esclavina et en passant à sa ceinture une longue rapière et une paire de pistolets doubles.

—Oui, seigneurie, répondit Pepito, le chapeau à la main.

—Bien, mon fils! Tu les apporteras où je t'ai dit; seulement, comme la nuit il est défendu de parcourir les rues à cheval, tu feras attention aux celadores et aux serenos.

Tous les bandits éclatèrent de rire a cette singulière recommandation.