—Là, reprit don Toribio, en se coiffant d'un chapeau à larges bords que Pepito lui avait apportés avec le reste, voilà qui est fait; maintenant nous pouvons partir; écoutez-moi attentivement, caballeros.
Les leperos et les autres coquins qui composaient l'assistance, flattés d'être traités de caballeros, se rapprochèrent de don Toribio afin de mieux entendre ses instructions.
Celui-ci continua.
—Vingt hommes marchant en troupe dans les rues de la ville éveilleraient, sans aucun doute, la susceptibilité et les soupçons des agents de la police; nous avons besoin d'user de la plus grande prudence, et surtout du plus grand mystère, pour réussir dans l'expédition pour laquelle je vous ai convoqués; vous allez donc vous séparer et vous rendre chacun isolément sous les murs du couvent des Bernardines; arrivés là, vous vous dissimulerez le mieux qu'il vous sera possible et vous ne bougerez pas avant mon ordre. Surtout pas de rixe, pas de querelle; vous m'avez bien compris?
—Oui, seigneurie, répondirent les bandits tous d'une voix.
—Très bien; partez alors, il faut que vous soyez au couvent dans un quart d'heure.
Les bandits se dispersèrent dans toutes les directions avec la rapidité d'une volée d'oiseaux de proie; deux minutes plus tard ils avaient disparu aux angles des rues les plus rapprochées.
Pepito seul était resté.
—Et moi, demanda-t-il respectueusement à don Toribio, ne voulez-vous pas, Seigneurie, que je vous accompagne? Je m'ennuierai bien si je restais seul ici.
—Je ne demanderais pas mieux que de t'emmener, mais qui nous préparera les chevaux si tu m'accompagnes?