—Je n'oublierai rien de ce que vous me dites; mais, hélas! je crains que tout ce que vous tenterez pour me sauver ne soit inutile.
—Señorita, ayez confiance en Dieu, il ne vous abandonnera pas, lui dit doucement la jeune Indienne.
—Dieu, chère mignonne, répondit-elle avec accablement; hélas! il est mon seul refuge, maintenant que je suis abandonnée de tous.
—Ne voulez-vous donc plus que je vous suive, señorita?
—Quoi! tu consentirais encore à m'accompagner et à partager ma mauvaise fortune?
—Ah! señorita, en auriez-vous douté?
—Non, tu as raison, je suis folle, chère enfant, tu es bonne et tu m'aimes, ce sera une immense consolation de sentir ton cœur ami battre près du mien. Tu ne me quitteras pas.
—Que je vous remercie, señorita, de consentir à me garder avec vous.
—Sans compter, reprit Matadiez, que par l'entremise de cette enfant, il me sera facile, señorita, de vous faire passer les renseignements dont, sans doute, vous aurez besoin, pour être prête lorsque le moment sera venu, et aider de votre côté à votre délivrance en secondant mes efforts.
—C'est juste; peut-être ne tardera-t-on pas à venir. Un dernier service, mon ami.