—Don Pablo de Zúñiga est campé avec ses rancheros à quelques lieues d'ici à peine; il n'y aurait rien d'étonnant à ce que ce fût lui qui arrivât.

Au même moment on frappa fortement à la porte du rancho.

—Au nom du ciel, s'écria Matadiez, soyez prudente, señorita.

Et il alla ouvrir la porte.

M. de Clairfontaine entra; plusieurs cavaliers le suivaient.

—Vous me pardonnerez de vous déranger si brusquement, señora, dit-il avec une politesse ironique, mais les circonstances m'y obligent; êtes-vous prête à me suivre?

—Ordonnez, Monsieur, répondit-elle avec soumission.

—Fort bien; il paraît que vous avez réfléchi et que vous comprenez l'inutilité de résister davantage. Je vous sais gré de ce changement heureux dans votre humeur. Nous partons à l'instant; votre cheval et celui de votre suivante sont sellés. Venez, je vous prie.

La jeune fille se leva sans répondre, s'enveloppa dans son rebozo et se dirigea vers la porte, suivie par Anita, dont les préparatifs de départ avaient été terminés en quelques minutes.

Les paysans mexicains sont en général si pauvres, que rien ne les attache au sol qui les a vus naître, et que c'est avec la plus complète indifférence qu'ils abandonnent leurs misérables chaumières où rien ne les retient.