Les cavaliers américains étaient à cheval et rangés en bon ordre dans la rue; un détachement d'une vingtaine d'hommes formant l'arrière-garde gardait l'extrémité du village, tiraillant contre un ennemi invisible encore.
Miss Anna et la jeune Indienne se mirent en selle. Matadiez avait quitté, lui aussi, le rancho et était monté sur son cheval.
—Pardon, señor, dit-il à M. de Clairfontaine, qu'il salua respectueusement, je crois que vous n'avez plus besoin de moi, maintenant.
—Pourquoi cette question? répondit brusquement le jeune homme.
—Parce que, comme vous quittez le pueblo, pour vous replier, selon toute probabilité, sur vos avant-postes, je vous demanderai la permission de m'en aller à mes affaires.
—Vous feriez mieux de nous accompagner jusqu'au camp, afin de toucher la somme que je vous dois, dit-il en fixant sur lui un regard perçant.
—Parlez-vous sérieusement? s'écria le Mexicain avec un vif mouvement de joie; s'il en est ainsi, j'accepte et je vais avec vous.
Malgré toute sa perspicacité, le jeune homme fut dupe du feint empressement du bandit, qui, sans insister davantage, avait déjà fait ranger son cheval auprès du sien; il se rapprocha de lui.
—Écoutez, lui dit-il, pouvez-vous être fidèle!
—C'est selon répondit-il nettement.