—C'est bien; laissez-moi vous servir de guide.
—Marche, nous te suivons.
—A quelque pas d'ici, sur la droite, nous rencontrerons un sentier étroit qui coupe à travers terres; ce sentier, presque inconnu même des habitants du pays, nous fera gagner cinq lieues sur les neuf qui nous séparent de San Nicolas: voulez-vous le prendre?
—Sers-nous de guide, ainsi que tu nous l'as promis.
—C'est bien, venez. Ah! à propos, don Pablo, prenez ceci, que miss Anna m'a remis pour vous.
Et retirant le collier de la jeune fille de son dolman, il le présenta à don Pablo, mais M. Prescott s'empara du collier et le porta à ses lèvres.
—Laissez-le moi, dit-il avec prière. Le jeune homme étouffa un soupir.
—Partons, dit-il à Matadiez.
On se remit en marche.
Ainsi que l'avait annoncé le Mexicain, on ne tarda pas à découvrir le chemin qu'il avait indiqué; c'était en effet un sentier étroit et qui paraissait presque infranchissable, mais sur un mot de leur chef, les rancheros s'y engagèrent sans hésiter. Qu'importait à ces centaures que le chemin fût bon ou mauvais, il leur suffisait que leurs chevaux pussent y tenir pied pour qu'ils fussent certains de le franchir sans encombre.