—C'est possible, répondit le Mexicain en riant faux.
—Oh! mon Dieu, regardez, ne vous gênez pas, reprit l'officier américain en haussant dédaigneusement les épaules; cela nous est bien égal, allez. Avez-vous fini? ajouta-t-il après un instant.
—Quant à présent, oui, répondit Matadiez.
—Alors, veuillez me suivre; j'attends votre bon plaisir.
—Je suis à vos ordres.
Ils pénétrèrent alors dans le rancho, dont l'officier referma avec soin la porte derrière lui; il ne se souciait pas sans doute qu'on sût ce qu'il allait faire avec son étrange compagnon.
Matadiez, en le voyant ainsi fermer la porte, sourit d'un air qui eût donné beaucoup à réfléchir à M. de Clairfontaine s'il l'avait aperçu; mais comme en ce moment il tournait le dos au Mexicain, il ne se douta pas de la joie insolite qu'il avait subitement montrée et n'eut pas à en chercher les motifs.
Lorsque l'officier se retourna, il vit son compagnon tranquillement assis sur un équipal, les jambes croisées l'une sur l'autre et occupé à tordre une cigarette avec ce soin et cette minutieuse attention que les hommes de race espagnole apportent toujours à cette importante occupation.
—Çà, dit M. de Clairfontaine, réglons nos comptes sans plus tarder.
—Je ne demande pas mieux, car c'est pour ce seul motif que je suis venu ici, comme bien vous pensez, répondit le Mexicain en allumant paisiblement sa cigarette.