—J'y resterai le moins possible, puis je retournerai du côté du Pacifique.

—Vous n'allez donc pas à México?

—Non. Je compte me retirer soit à Tepic, soit à Monterey; au moins jusqu'à la fin de la guerre.

—Puisqu'il en est ainsi, laissez-moi faire, señor, je me charge de vous conduire, vous et la señorita, jusqu'à la résidence qu'il vous plaira de choisir.

—Comment cela, caballero? demanda timidement la jeune fille, toute rougissante de plaisir.

—Voici de quelle façon, señorita; le général Santa-Anna, après avoir quitté México, a pris le commandement de l'armée libératrice qui se réunit à San Luis de Potosí; j'ai formé une cuadrilla de rancheros forte de trois cents cavaliers, dont vous voyez une partie auprès de moi. Je compte me mettre en marche aussitôt après le herradero, qui va avoir lieu demain, pour rejoindre l'armée; je me mets donc à vos ordres, si toutefois mon offre vous agrée.

—C'est à mon père qu'il appartient de vous répondre, señor don Pablo; quant à moi personnellement, je serais charmée de profiter de votre escorte, surtout en ce moment où les routes sont infestées de salteadores.

—Ce qui en bon castillan, mon cher don Pablo, fit en riant le vieillard, veut dire que nous acceptons votre offre de grand cœur; ainsi voilà qui est convenu, vous pouvez compter sur nous.

Quelques minutes plus tard on atteignit le pueblo.

Tepatitlan regorgeait de monde, le village était en fête.