Il se leva et se dirigea vers la porte. En ce moment deux coups légers furent frappés en dehors.

—Bon, grommela-t-il entre ses dents, qui nous arrive à présent? Puis à voix haute: entrez, ajouta-t-il.

La porte s'ouvrit, don Pablo parut.

—Ah! c'est vous, don Pablo, dit M. Prescott, en prenant subitement son air le plus gracieux, soyez le bienvenu; j'allais envoyer chez vous pour prendre de vos nouvelles, car sans reproches, voici deux jours que nous n'avons eu le plaisir de vous voir.

—Je vous prie d'agréer tous mes regrets pour cette négligence involontaire, Monsieur, et je supplie miss Anna de me pardonner; mais, d'un côté, l'organisation de l'armée, et, de l'autre, l'arrivée de Son Excellence le général Santa-Anna, ne m'ont à mon grand chagrin pas laissé une minute de liberté.

—Je vous dirai comme mon père, don Pablo, soyez le bienvenu, répondit en souriant la jeune fille; vous voilà, vous êtes pardonné.

—Mille fois merci, mademoiselle, vous êtes bonne et charmante comme toujours.

—Ne voulez-vous pas prendre un siège?

—C'est que je n'ai qu'un instant à vous donner, je vous suis envoyé en ambassadeur.

—Hein? fit M. Prescott en dressant l'oreille, en ambassadeur, don Pablo?