—Ma foi, oui, Monsieur.

—Diable! on n'envoie ordinairement d'ambassadeurs qu'aux puissants de la terre et je suis un bien petit compagnon, moi, cher don Pablo, pour qu'on se croie obligé d'agir avec moi de cette façon.

—Vous êtes beaucoup trop modeste, Monsieur, et vous allez le reconnaître si vous me permettez de m'acquitter de la mission ou plutôt du message dont je suis chargé.

—C'est donc sérieux alors? demanda curieusement la jeune fille.

—Tout ce qu'il y a de plus sérieux, miss Anna.

—Voyons ce message, reprit M. Prescott avec un soupir étouffé, car il prévoyait que ses pressentiments allaient se réaliser; mais d'abord asseyez-vous, il n'y a rien de désagréable comme de causer ainsi debout.

—Je vous obéis, répondit le ranchero en se plaçant sur une butaca; je vous dirai tout d'abord, continua-t-il, que j'ai accepté avec un vif plaisir la mission dont on m'a chargé.

—Ah! fit l'Anglais, un peu rassuré par cette entrée en matière, de quoi s'agit-il donc?

—Oh! mon Dieu! de ceci tout simplement: Son Excellence le président passera aujourd'hui même l'armée en revue...

—Jusqu'à présent, interrompit M. Prescott en souriant, je ne vois rien qui nous soit bien personnel.