—Et pourquoi ne le ferais-je pas, s'il vous plaît?

—Parce que ce serait blesser gravement Son Excellence le général Santa-Anna, qui, je dois vous en avertir, ne vous pardonnerait pas d'en agir ainsi sans motifs envers lui.

—En effet, mon père, ce que vous dit là don Pablo est sensé, vous êtes trop gentleman pour commettre une telle inconvenance.

—Ta, ta, ta, reprit-il avec obstination, qu'ai-je à faire, moi, étranger, moi, Anglais, avec le président de la République Mexicaine?

—Rien assurément, Monsieur, répondit don Pablo, mais il y a des convenances dont un homme comme il faut, un caballero, comme nous disons ici, ne saurait s'affranchir; et puis, ajouta-t-il d'un ton insinuant, à quoi bon, dans votre position surtout, blesser de propos délibéré un homme tout puissant qui d'un mot tombé de sa bouche peut vous faire repentir de ce manque de procédé?

—C'est vrai, ce n'est que trop vrai, je suis dans une véritable impasse, murmura-t-il avec abattement.

—Dont il vous est facile de sortir, reprit doucement le jeune homme, consentez à ce que le président désire, retardez votre départ d'un jour ou deux s'il le faut, cette preuve de condescendance vous obtiendra la protection efficace du général, et dans les circonstances présentes, cher Monsieur Prescott, vous conviendrez avec moi, que cette protection n'est pas à dédaigner pour vous.

L'Anglais marchait avec agitation dans la chambre.

—Que décidez-vous? reprit au bout d'un instant don Pablo. Quelle réponse donnerai-je au président?

—Eh! by God! que voulez-vous que je décide? suis-je libre de faire selon ma volonté, il faut bien que j'obéisse malgré moi à cet ordre tyrannique.