—C'est ce que je désire; au moins ainsi personne ne me troublera dans ma rêverie.
—Vous ne serez pas effrayée de demeurer ainsi seule au fond de cette huerta immense?
—Effrayée de quoi, don Pablo? Qu'ai-je à redouter ici? D'ailleurs, ne m'avez-vous pas dit que vous resteriez à peine quelques minutes absent?
—C'est vrai.
—Ainsi?
—Puisque vous le désirez, je pars.
—Allez, caballero, je compterai les secondes en vous attendant, répondit-elle avec un doux sourire.
—Vous êtes charmante, dit-il en lui baisant la main; à bientôt.
Et il s'éloigna presqu'en courant, tant il avait hâte d'être de retour.
La jeune fille le suivit des yeux un instant, puis elle entra dans le bosquet et s'assit sur un banc de marbre qui en occupait le fond.