—Ah! ah! il est singulier que vous n'ayez pas jusqu'à présent songé à me faire part de cette circonstance, qui est cependant d'une certaine importance.
—J'y ai songé, cher compère, seulement je devrais vous demander votre avis.
—A quel propos?
—Nous avons promis de donner quatre onces à chacun de nos compagnons pour cette expédition, n'est-ce pas?
—Quatre onces, oui, c'est parfaitement cela?
—Eh bien, je me demande si je dois leur donner des arrhes de deux onces à chacun, par exemple, ou s'il est préférable que nous partagions tout simplement le contenu de la bourse entre nous deux; voilà ce qui m'embarrasse, vous ne m'avez pas fait l'injure, je me plais à le croire, de supposer que la pensée me soit venue un seul instant de vous frustrer de la part qui vous revient dans cet argent.
—Oh! cher compère, je connais trop votre délicatesse pour avoir eu cette pensée; ma réponse sera courte, mais catégorique: je suis d'avis qu'en affaires, on doit toujours exiger des arrhes, mais ne jamais en donner.
—Parfaitement raisonné, dit l'autre en riant. Ainsi, vous concluez...?
—Dame! c'est clair, je crois: je conclus à ce que nous partagions tout simplement le contenu de la bourse entre nous.
—A la bonne heure, reprit-il en faisant le geste, de porter sa main à sa poche, vous allez être satisfait, cher compère; mais, s'arrêtant tout à coup, j'ai une proposition à vous faire, dit-il.