—Mais ceci est magnifique!
—On fait ce qu'on peut, général.
—Diable, mais si tous mes amis battaient la campagne avec d'aussi beaux résultats, je serais bientôt riche et en état de soutenir vigoureusement la guerre; malheureusement, il n'en est point ainsi; mais cette somme, ajoutée à ce que je suis parvenu à me procurer d'un autre côté, me forme un assez joli denier.
—Comment, de quelle autre somme parlez-vous, général? Vous avez donc trouvé de l'argent?
—Oui, dit-il avec une certaine hésitation; un de mes amis, attaché à l'ambassade espagnole, m'a suggéré un moyen.
Don Adolfo bondit comme s'il avait été piqué par un serpent.
—Calmez-vous, mon ami, dit vivement le général, je sais que vous êtes l'ennemi du duc; cependant, depuis son arrivée au Mexique, il m'a rendu de grands services, vous ne sauriez le nier.
L'aventurier était pâle et sombre, il ne répondit pas; le général continua; comme toutes les âmes loyales, il éprouvait le besoin de se disculper d'une mauvaise action, bien que la nécessité seule la lui eût fait commettre.
—Le duc, dit-il, après la défaite de Silao, lorsque tout me manquait à la fois, est parvenu à faire reconnaître mon gouvernement par l'Espagne; ce qui m'a été fort utile, vous en conviendrez, n'est-ce pas?
—Oui, oui, j'en conviens, général. Oh, mon Dieu! Ce qu'on m'a dit est donc vrai.