Il prit la torche qu'il avait plantée dans un coin et se pencha sur le sol, mais presqu'aussitôt il se redressa en poussant un cri de colère et de rage.
—Qu'avez-vous? s'écrièrent les deux jeunes gens avec anxiété.
—Voyez, dit-il en leur indiquant le sol.
Le comte regarda.
—Nous sommes joués, dit-il au bout d'un instant, il est trop tard.
—Mais expliquez-vous, au nom du ciel! Je ne comprends rien à ce que vous dites, moi, s'écria le comte.
—Tiens mon ami, reprit Dominique, vois-tu comme le sable est foulé? Remarques-tu ces empreintes de pas qui courent dans tous les sens?
—Eh bien?
—Eh bien, mon pauvre ami, ces empreintes sont celles laissées par les hommes conduits probablement par don Melchior, et qui ont pris ce chemin pour s'introduire dans l'hacienda, où peut-être ils sont déjà.
—Non, reprit le mayordomo, les empreintes sont toutes fraîches; ils ne sont entrés que quelques minutes avant nous. L'avance qu'ils ont n'est rien, car arrivés au bout du souterrain il leur faudra démolir le mur que j'ai construit, et il est solide, ne nous décourageons donc pas encore, peut-être Dieu permettra-t-il que nous atteignions l'hacienda à temps; venez, suivez-moi, hâtez-vous, abandonnez les chevaux; ah! C'est le ciel qui m'a inspiré de ne pas boucher la seconde issue.