Agitant alors la torche pour en raviver la flamme, le mayordomo s'élança en courant dans une galerie latérale, suivi par les deux jeunes gens.

Le souterrain montait en pente douce; la route qu'ils avaient suivie pour venir à la grotte, tournait autour de la colline sur laquelle l'hacienda était bâtie; de plus, il leur avait fallu faire de nombreux détours et marcher avec circonspection, c'est-à-dire assez lentement, de peur d'être surpris, ce qui leur avait demandé un laps de temps assez considérable; mais cette fois il n'en était plus ainsi, ils couraient en ligne droite devant eux, ils accomplirent ainsi en moins d'un quart d'heure ce qui, a cheval, avait exigé près d'une heure à travers la campagne, et ils arrivèrent dans le jardin.

L'hacienda était silencieuse.

—Éveillez vos domestiques pendant que je sonnerai la cloche d'alarme, dit le mayordomo; peut-être sauverons-nous l'hacienda!

Il se précipita vers la cloche dont les vibrations redoublées eurent bientôt réveillé les habitants de l'hacienda qui accoururent à demi vêtus, ne comprenant rien à ce qui se passait.

—Aux armes! Aux armes! criaient le comte et ses deux compagnons.

En deux mots, don Andrés fut mis au fait de la situation, et pendant qu'il faisait placer sa fille dans son appartement sous la garde de serviteurs dévoués, et organisait la défense autant du moins que le permettaient les circonstances, le mayordomo suivi des deux jeunes gens et de leurs domestiques, s'était élancé dans le jardin.

Ludovic et doña Dolores n'avaient échangé qu'une parole.

—Je vais là, chez mon père, avait-elle dit.

—J'irai vous y retrouver.