Les guérilleros s'élancèrent avec un hurlement de joie qui se changea aussitôt en rugissement de rage.

Cinq coups de feu confondus en un seul, avaient éclaté comme un formidable roulement de tonnerre.

La bataille commençait.


[XVI]

L'ASSAUT

A l'effroyable décharge qui les avait accueillis en semant la mort parmi eux, les guérilleros s'étaient rejetés en arrière avec épouvante, surpris par ceux qu'ils comptaient surprendre, préparés à piller mais non à combattre, leur première pensée fut de prendre la fuite, et un désordre indescriptible se mit dans leurs rangs.

Les défenseurs de l'hacienda, dont le nombre s'était considérablement accru, profitèrent de cette hésitation pour faire pleuvoir sur eux une grêle de balles.

Cependant il fallait prendre un parti: ou avancer sous les balles, ou renoncer à l'expédition.

Le propriétaire de l'hacienda était riche, les guérilleros le savaient; depuis longtemps déjà ils désiraient s'emparer de ces richesses qu'ils convoitaient et qu'à tort ou à raison, ils supposaient cachées dans l'hacienda; il leur en coûtait de renoncer à cette expédition préparée de longue main et dont ils se promettaient de si magnifiques résultats.