Cependant les balles pleuvaient toujours sur eux sans qu'ils osassent se hasarder à franchir la brèche. Leurs chefs, plus intéressés qu'eux encore à la réussite de leurs projets firent cesser toute hésitation en s'armant résolument de pics et de marteaux non seulement pour agrandir la brèche, mais encore pour éventrer complètement le mur, car ils comprenaient que ce n'était que par une irruption soudaine et irrésistible qu'ils parviendraient à renverser l'obstacle que leur opposaient les défenseurs de l'hacienda.

Ceux-ci continuaient bravement à tirailler, mais leurs coups étaient perdus pour la plupart, les guérilleros travaillant à l'abri et se gardant bien de se montrer devant la brèche.

—Ils ont changé de tactique, dit le comte à Dominique; ils s'occupent maintenant à renverser le mur, bientôt ils reviendront à l'assaut, et, ajouta-t-il en jetant un triste regard autour de lui, nous serons forcés, les hommes qui nous accompagnent ne sont pas capables de résister à une attaque vigoureuse.

—Tu as raison, ami, la situation est grave, répondit le jeune homme.

—Que faire? répondit le mayordomo.

—Ah! Une idée! s'écria tout à coup Dominique en se frappant le front; vous avez de la poudre ici?

—Oui, grâce à Dieu, elle ne nous manque pas, mais à quoi bon?

—Faites-en apporter un baril le plus tôt possible, je réponds du reste.

—C'est facile.

—Allez alors.