—Bon; voici ce que je vous propose: vous êtes mon prisonnier, eh bien, je vous rendrai voire liberté, si vous remettez doña Dolores entre, je ne dirai pas mes mains, mais celles du comte de la Saulay, son cousin, qu'elle doit incessamment épouser.
—Hum! Ceci est grave, cher seigneur; remarquez que je suis le tuteur légal de ma sœur.
—Comment, son tuteur?
—Oui, puisque notre père est mort.
—Don Andrés de la Cruz est mort? s'écria l'aventurier en se levant d'un bond.
—Hélas, oui! répondit hypocritement le jeune homme en levant les yeux au ciel, nous avons eu la douleur de le perdre avant-hier au soir, hier matin il a été enterré; le pauvre vieillard n'a pu résister aux affreux malheurs qui ont accablé notre famille, la douleur l'a brisé; sa fin a été fort touchante.
Il y eut un silence; Olivier marchait de long en large dans la chambre. Tout à coup, l'aventurier s'arrêta en face du jeune homme.
—Sans ambages ni circonlocutions, lui dit-il, voulez-vous, oui ou non, rendre la liberté à votre sœur?
—Non, répondit résolument Melchior.
—Bien, reprit froidement l'aventurier; alors tant pis pour vous.