A ce moment, la porte s'ouvrit, un jeune homme de haute mine et élégamment vêtu entra dans la chambre.
A la vue de ce jeune homme, un sourire narquois éclaira le visage de don Melchior.
—Eh! dit-il à part lui, les choses pourraient tourner autrement que ce cher don Adolfo ne le suppose.
Le jeune homme salua poliment et s'approcha du maître de la maison avec lequel il échangea une poignée, de main.
—Je vous dérange, demanda-t-il, en jetant sur le moine supposé un regard indifférent.
—Au contraire, cher don Diego, vous ne pouviez arriver plus à propos mais par quel hasard vous vois-je à une heure si insolite?
—Je viens vous annoncer une bonne nouvelle. Le comte de la Saulay, votre ennemi particulier, est en notre pouvoir, mais comme il est Français et qu'il y a certaines considérations à garder, le général a décidé de l'envoyer, sous bonne escorte, à notre illustrissime président. Une autre bonne nouvelle, vous êtes chargé du commandement de cette escorte.
—¡Demonios! s'écria triomphalement Melchior, vous êtes un brave ami. Mais maintenant, à mon tour: regardez bien ce religieux, le reconnaissez-vous, non? Eh bien, cet homme n'est autre que cet aventurier nommé don Adolfo, don Olivero, don Jaime, que sais-je encore? Et que depuis si longtemps on poursuit vainement.
—Serait-il possible? s'écria don Diego.
—C'est vrai, dit alors don Adolfo.