Sautant à bas de son cheval, don Melchior entra dans le rancho afin de s'assurer de l'état dans lequel il se trouvait.

Mais à peine avait-il fait un pas dans l'intérieur qu'il fut saisi à l'improviste, roulé dans un zarapé, garrotté et bâillonné, avant même qu'il eût eu le temps d'essayer une défense inutile.

Au bout de quelques minutes, il entendit un cliquetis de sabres et un bruit cadencé de pas au dehors du rancho, les soldats ou du moins une partie d'entre eux s'éloignaient sans autrement s'occuper de lui.

Presqu'aussitôt il fut pris à la fois par les pieds et les épaules, soulevé de terre et emporté. Après quelques pas faits assez rapidement, il lui sembla que ceux qui le portaient lui faisaient descendre un escalier qui paraissait s'enfoncer en terre; puis, après environ dix minutes de marche, il fut doucement déposé sur un lit assez moelleux, composé de fourrures ainsi qu'il le supposa, et on le laissa seul.

Un silence absolu régnait autour du prisonnier; il était bien réellement seul.

Enfin un bruit léger se fit entendre; ce bruit s'accrut peu à peu et devint bientôt assez fort; il ressemblait à la marche de plusieurs personnes, dont les pas craquaient sur le sable.

Ce bruit cessa tout à coup.

Le jeune homme se sentit saisir et enlever de nouveau. On recommença à le porter pendant un laps de temps assez long; les porteurs se relayaient de distance en distance.

Enfin on s'arrêta de nouveau; à l'air plus frais et plus vif qui frappait son visage, le prisonnier conjectura qu'il avait quitté le souterrain et se trouvait en rase campagne.

On le déposa à terre.