Les quelques hommes qui avaient échappé, démoralisés par la capture de leur chef, n'avaient pas tardé à tomber à leur tour entre les mains des soldats, de sorte que la bande toute entière avait été détruite.
Le procès des bandits n'avait pas été long, ils avaient été condamnés à mort et exécutés immédiatement.
Le chef et deux de ses principaux lieutenants avaient seuls été réservés pour rendre leur supplice plus exemplaire.
Ils devaient être exécutés le lendemain. Voilà pour quel motif la ville de Bruneck était en liesse. Les populations voisines étaient accourues pour assister au supplice de l'homme devant lequel elles avaient si longtemps tremblé, et afin de ne pas manquer ce spectacle si attrayant pour elles, elles campaient dans les rues et sur les places, attendant avec impatience l'heure de l'exécution.
Le comte n'attacha que fort peu d'importance à ces nouvelles, et comme il se sentait fatigué d'avoir pendant deux jours voyagé à travers des routes exécrables, il se prépara, son souper terminé, à se livrer au repos.
Au moment où il entrait dans sa chambre à coucher, un domestique parut et échangea quelques mots à voix basse avec le valet de chambre.
—Qu'y a-t-il, demanda le comte Octave, en se retournant.
—Pardon, monsieur le comte, répondit respectueusement le domestique, un homme est là qui désire parler à votre Excellence.
—Me parler à cette heure? fit-il avec étonnement; c'est impossible, à peine suis-je ici que l'on sait déjà mon arrivée; dites à cet homme qu'il revienne demain, ce soir il est trop tard.
—Je le lui ai dit, monsieur le comte, et il a répondu que demain il ne serait plus temps.