Ce palais impérial, commencé par Joseph Ier et terminé par Marie-Thérèse, est d'une construction simple, élégante, gracieuse, qui cependant ne manque pas d'une certaine majesté.

Il se compose d'un grand corps de logis avec deux ailes en retour, un double escalier formant perron couronne le péristyle et donne sur le premier étage. Des constructions basses, parallèles au bâtiment principal, servent de communs et d'écuries, et se relient à l'extrémité de chacune des ailes, en laissant seulement dans l'axe du perron une ouverture d'une dizaine de mètres, de chaque côté de laquelle se dresse un obélisque, achevant ainsi d'enceindre et de dessiner la cour.

Un pont jeté sur la Vienne, mince filet d'eau qui va se perdre dans le Danube, donne accès au château, derrière lequel s'étend, disposé en amphithéâtre, un magnifique jardin surmonté d'un belvédère placé au sommet d'une immense pelouse flanquée, à droite et à gauche, de magnifiques taillis pleins d'ombre, de fraîcheur et de gazouillement d'oiseaux.

Schönbrunn, rendu célèbre par le double séjour qu'y fit Napoléon Ier et la douloureuse agonie de son fils, porte en soi un cachet d'indicible tristesse et d'indéfinissable langueur, tout y est sombre, morne et désolé; la cour, avec sa formaliste étiquette et ses brillantes parades, ne réussit qu'imparfaitement, de loin en loin, à galvaniser ce cadavre, Schönbrunn, comme le palais de Versailles, n'est plus qu'un corps sans âme, rien ne saurait le rendre à la vie.

Le comte arriva à Schönbrunn dix minutes avant l'heure de son audience, fixée à midi.

Un chambellan de service l'attendait; il l'introduisit aussitôt près de Sa Majesté.

L'empereur était dans un salon particulier, il se tenait debout, appuyé à une cheminée.

La réception qu'il fit au comte fut des plus affables.

L'audience fut longue, elle dura près de quatre heures; nul n'a jamais su ce qui se passa entre le souverain et le sujet.

La dernière phrase de cet entretien confidentiel fut seule entendue.