Au moment où le comte prit enfin congé de l'empereur, Sa Majesté lui dit, en lui donnant sa main à baiser:

—Je crois que mieux vaut agir ainsi; il faut surtout, dans l'intérêt de toute la noblesse, éviter, à quelque prix que ce soit, le scandale affreux que soulèverait la publicité d'une aussi horrible affaire; mon appui ne vous manquera jamais; allez, monsieur le comte, Dieu veuille qu'avec les moyens que je mets à votre disposition vous réussissiez.

Le comte s'inclina avec respect et se retira.

Le soir même, il quitta Vienne et reprit le chemin qui devait le conduire chez lui.

En même temps que lui, un courrier de cabinet, expédié par l'empereur, partait sur la même route.

Arrivé à ce point de son récit, l'aventurier fit une pause, et, s'adressant au comte de la Saulay:

—Soupçonnez-vous, lui demanda-t-il, ce qui s'était passé entre l'empereur et le comte?

—A peu près, répondit celui-ci.

—Ah! fit-il avec étonnement, je serais curieux de connaître le résultat de vos observations.

—Vous m'autorisez donc à vous le dire?