La nuit finissait; des lueurs blanchâtres commençaient à filtrer à travers les fenêtres entr'ouvertes; la lueur des bougies pâlissait; de sourdes rumeurs annonçaient que la ville s'éveillait et les cloches éloignées des couvents et des églises appelaient les fidèles à la première messe.

L'aventurier quitta sa chaise et marcha de long en large dans la salle, jetant parfois à la dérobée un regard perçant sur ses deux compagnons.

Dominique renversé en arrière sur le dos de sa butaca, les yeux à demi fermés, fumait machinalement dans sa pipe indienne. Le comte de la Saulay tambourinait du doigt une fanfare sur la table, tout en suivant du coin de l'œil les évolutions de l'aventurier.

—Don Adolfo, lui dit-il enfin brusquement en relevant la tête et le regardant bien en face, votre récit est-il donc terminé?

—Oui, répondit laconiquement l'aventurier.

—Vous n'avez rien à ajouter?

—Non.

—Eh bien, excusez-moi, mon ami, mais je crois que vous vous trompez.

—Je ne vous comprends pas, mon cher comte.

—Je m'explique, mais à une condition.