La fière contenance de ces trois hommes leur imposa, ils hésitèrent, et finalement s'arrêtèrent en se jetant l'un à l'autre des regards effarés.

Ce n'était pas ce qu'on leur avait annoncé: cette maison, si calme en apparence, renfermait une garnison formidable.

Le comte donna son fusil à tenir au vieux domestique et s'armant d'un revolver à six coups, il s'avança résolument vers les bandits.

Ceux-ci, par un mouvement contraire, commencèrent à reculer pas à pas, si bien que bientôt ils touchèrent la porte, alors se retournant d'un bond, ils s'élancèrent au dehors.

Le comte ferma tranquillement la porte derrière eux.

Les jeunes gens rirent aux éclats de leur facile victoire, et rejoignirent les dames blotties toutes tremblantes, au fond d'un bosquet.

Cette leçon avait suffi; depuis, le calme des habitants de la petite maison n'avait plus été troublé.

Néanmoins, doña Maria, reconnaissante du service que lui avaient rendu les jeunes gens, non seulement ne trouvait plus qu'ils lui faisaient de trop longues visites, mais encore, lorsqu'ils voulaient, par convenance, prendre congé, elle les engageait à demeurer davantage.

Il est vrai que les jeunes filles joignaient leurs prières aux siennes, de sorte que le comte et son ami, se laissaient facilement convaincre de demeurer, et passaient ainsi la plus grande partie de leurs journées auprès d'elles.

C'était le lendemain même de la nuit passée par don Adolfo chez ses amis à souper si copieusement; midi avait depuis longtemps déjà sonné à toutes les églises de la ville, et les jeunes gens, qui d'ordinaire se présentaient vers onze heures du matin chez doña Maria, n'avaient point encore paru.