—Oui, interrompit-elle avec une certaine vivacité, je sais à quoi vous faites allusion, mon cousin: mon père avait fait pour moi des projets d'avenir, que la mort l'a empêché de réaliser.

—Ces projets, ma cousine, il dépend de vous seule qu'ils se réalisent.

Elle sembla hésiter pendant une minute ou deux, puis elle reprit d'une voix tremblante en pâlissant légèrement:

—Les désirs de mon père sont des ordres pour moi, mon cousin; le jour où il vous plaira d'exiger ma main, je vous la donnerai.

—Ma cousine, ma cousine, s'écria-t-il avec feu, je ne l'entends pas ainsi, j'ai juré à votre père, non seulement de veiller sur vous, mais encore, d'assurer voire bonheur par tous les moyens en mon pouvoir. Cette main que vous êtes prête à me donner, pour obéir à votre père, cette main, je ne l'accepterai que si en même temps elle est accompagnée du don de votre cœur; quels que soient les sentiments que j'éprouve pour vous, jamais je ne vous contraindrai à contracter une union qui vous rendrait malheureuse.

—Merci, mon cousin, murmura-t-elle en baissant les yeux, vous êtes noble et bon.

Le jeune homme lui prit doucement la main.

—Dolores, lui dit-il, permettez-moi de vous donner ce nom, ma cousine, je suis votre ami, n'est-ce pas?

—Oh! Oui, fit-elle faiblement.

—Mais, ajouta-t-il avec hésitation, votre ami seulement?