—Monsieur le général, répondit le général Berriozábal, au nom de tous, nous vous remercions sincèrement de votre courtoisie, nous ne pouvions moins attendre de votre générosité bien connue; cette parole que vous nous demandez, nous vous la donnons et nous n'userons de la liberté dont vous nous laissez jouir que dans les limites que vous jugerez convenable d'y apporter, vous promettant de n'essayer en aucune façon de reconquérir notre liberté sans que vous nous ayez dégagés: de notre parole.
Après quelques autres compliments échangés entre le président et les deux généraux, les prisonniers se retirèrent dans les appartements qui leur furent assignés.
Au moment où le général Miramón se préparait à rentrer dans son cabinet, l'aventurier l'arrêta vivement et lui désignant un officier supérieur qui paraissait chercher à se dissimuler au milieu des groupes.
—Connaissez-vous cet homme? lui dit-il d'une voix basse et tremblante.
—Certes je le connais, répondit le président; depuis quelques jours seulement il est à moi, et déjà il m'a rendu d'éminents services, il est Espagnol et se nomme don Antonio Cacerbar.
—Oh! Je sais son nom, dit l'aventurier, car moi aussi je le connais depuis bien longtemps malheureusement; général, cet homme est un traître!
—Allons, vous plaisantez.
—Je vous répète, général, que cet homme est un traître; j'en suis sûr! fit-il avec force.
—Je vous en prie, n'insistez pas davantage, mon ami, interrompit vivement le général, cela me serait pénible; bonne nuit, venez demain: je désire causer avec vous de choses importantes.
Et après lui avoir fait un geste affectueux, le président rentra dans son cabinet dont la porte se referma sur lui.