Ils firent encore quelques pas en avant et s'arrêtèrent.
Tout à coup un chien se mit à aboyer avec fureur.
—¡Demonio! s'écria don Jaime, il faut passer, le maudit animal nous trahirait.
Ils éperonnèrent leurs chevaux et partirent à fond de train.
Au bout de quelques instants le chien dont les abois s'étaient changés en grognements sourds se tut complètement.
Les cavaliers firent halte, don Jaime mit pied à terre.
—Cache les chevaux quelque part aux environs, dit-il, et attends-moi.
López ne répondit pas, le digne homme n'était pas causeur, il n'aimait pas prodiguer inutilement ses paroles.
L'aventurier, après avoir visité ses armes avec le plus grand soin afin d'être sûr que, au cas probable où il serait forcé de s'en servir, elles ne lui manqueraient pas, se rasa sur le sol comme un Indien des hautes savanes et par un mouvement onduleux, lent et presque insensible, il s'avança vers le rancho del Palo Quemado.
Lorsqu'il ne fut plus qu'à une courte distance du rancho il vit ce qu'il n'avait pas remarqué d'abord, c'est-à-dire que des chevaux au nombre de dix ou douze étaient attachés devant le rancho et que plusieurs hommes couchés sur le sol dormaient près d'eux.