—Mais d'où provient cette haine que vous me portez?
—Je n'ai pas de haine pour vous plus que pour tout autre misérable de votre trempe, dit-il brusquement; vous avez, dans un moment de forfanterie, voulu voir mon visage, afin de me reconnaître plus tard, je vous ai averti que cette vue vous coûterait la vie; peut-être vous aurai-je oublié, mais aujourd'hui vous vous trouvez de nouveau sur ma route, vous possédez des papiers qui me sont indispensables, ces papiers, je suis résolu à m'en emparer à tout prix; vous me les refusez, je ne puis m'en rendre maître qu'en vous tuant, je vous tuerai; maintenant, je vous accorde cinq minutes pour réfléchir et me dire si décidément vous vous obstinez dans votre refus.
—Ces cinq minutes que vous m'octroyez si généreusement sont inutiles, ma résolution est immuable, vous n'aurez ces papiers qu'avec ma vie.
—Soit, vous mourrez, dit-il en se levant.
Il prit ses revolver, les désarma et les alla poser sur une table placée à l'extrémité de la pièce; puis, revenant vers le guérillero et saisissant sa machette:
—Êtes-vous prêt? lui dit-il.
—Un instant, répondit don Felipe en se levant à son tour, j'ai, avant de croiser le fer avec vous, deux demandes à vous adresser.
—Je vous écoute, parlez.
—Le combat que nous allons nous livrer est un combat à mort?
—En voici la preuve, répondit l'aventurier en détachant son masque et le jetant loin de lui.