Le comte de la Saulay et le duc de Tobar s'étaient de leur côté dirigés vers la Veracruz escortant doña Maria et les deux jeunes filles.

Don Jaime n'avait pas voulu abandonner son ami, il voyageait avec l'ambassadeur suivi de López. Don Estevan seul était demeuré à México.

Nous ne rapporterons pas les insultes et les avanies que les ministres expulsés et les évêques eurent à subir pendant le cours de leur voyage, depuis Puebla où on les retint prisonniers jusqu'à la Veracruz où on les menaça, on leur jeta des pierres, et la populace voulut se porter aux dernières extrémités contre le légat et les malheureux évêques exilés.

Les choses en vinrent à un tel point que le consul français se vit contraint de réclamer l'assistance d'un brick de guerre français et d'un navire espagnol mouillés à Sacrificios et qui débarquèrent aussitôt des marins armés.

Miramón avait été reconnu, mais grâce à l'énergie du consul français et du commandant du brick, il parvint à échapper à ses ennemis.

Deux jours plus tard, le Velasco, bâtiment de la marine militaire espagnole, mettait le cap sur la Havane emportant tous nos personnages à son bord.

Le 15 janvier 1863, un double mariage fut célébré à la Havane.

Celui du comte de la Saulay avec doña Carmen de Tobar, et celui du duc de Tobar avec doña Dolores de la Cruz.

Les témoins étaient l'ambassadeur de Sa Majesté catholique au Mexique, le général Miramón, le commandant du Velasco, et l'ex-ministre de Guatemala.

Ce fut le légat du Saint-Siège qui donna la bénédiction nuptiale aux nouveaux époux.