Le premier soin du nouveau président fut, ainsi que Miramón l'avait précédemment prévu, de faire signifier à l'ambassadeur d'Espagne son expulsion du territoire de la république mexicaine.

Semblables significations furent, le même jour, faite, au légat du Saint-Siège, et aux représentants de Guatemala et de l'Ecuador.

Cette brutale expulsion faite dans les termes les plus offensants et si en dehors des principes admis entre nations civilisées causa une stupeur générale.

La consternation régna dans la ville: que pouvait-on attendre d'un gouvernement qui débutait par des actes aussi inqualifiables?

L'occasion que don Jaime cherchait depuis si longtemps lui était enfin offerte.

Miramón partirait non pas avec l'ambassadeur d'Espagne, mais avec le représentant de Guatemala.

Ce fut en effet ce qui arriva.

Le départ des ministres expulsés eut lieu le même jour.

C'étaient l'ambassadeur d'Espagne, le légat du Saint-Siège, le ministre de Guatemala, celui de l'Ecuador; de plus, l'archevêque de México et cinq évêques mexicains composant tout l'épiscopat de la confédération avaient été exilés du territoire de la république et profitaient de l'escorte de l'ambassadeur pour quitter la capitale.

Miramón, dont la femme et les enfants étaient depuis quelques jours déjà partis en avant, suivait, sous un déguisement qui le rendait méconnaissable, le ministre de Guatemala.