Alors commença une course furieuse.
—Où allons-nous? demanda le président.
—A México! C'est le seul endroit où on ne songera pas à vous chercher.
Une heure plus tard, ils repassaient la barrière et rentraient dans la ville, mêlés aux soldats débandés qui poussaient des cris assourdissants de vive Juárez! Et criant eux-mêmes plus fort que tous ceux qui les entouraient.
Une fois dans la ville, ils se séparèrent; Miramón et don Jaime demeurèrent seuls: la prudence exigeait que les fugitifs ne regagnassent leur maison que un à un.
Vers quatre heures du matin, ils étaient tous réunis et en sûreté.
Les troupes de Juárez entraient dans la ville précédant, de quelques heures seulement, le général Ortega.
Grâce aux mesures prises de concert entre le général Berriozábal et les résidents étrangers, le changement de gouvernement s'était opéré presque sans commotion; le lendemain la ville paraissait aussi tranquille que si rien d'extraordinaire ne s'était passé!
Cependant don Jaime n'était pas tranquille; il redoutait que si Miramón demeurait longtemps dans la ville sa présence ne finît par être connue, aussi cherchait-t-il une occasion de le faire évader et commençait-il à désespérer d'en trouver, lorsque le hasard lui en offrit une, sur laquelle il était certes loin de compter.
Plusieurs jours s'étaient écoulés, la révolution était faite et les choses avaient, repris leurs cours ordinaire, lorsqu'enfin Juárez arriva de la Veracruz et fit son entrée dans la ville.