Ce cri de la hache, courut aussitôt de rangs en rangs, devint général et bientôt la confusion et le désordre furent au comble.

Les partisans de Juárez, mêlés aux soldats, poussaient, des cris de mort contre les ennemis qu'ils ne voulaient pas laisser échapper; les sabres furent dégainés, les lances mises en arrêt, un conflit devint imminent.

—Général, il faut fuir! dit rapidement don Jaime.

—Jamais, répondit le président, je mourrai avec mes amis!

—Vous serez massacré sans réussir à les sauver; d'ailleurs, voyez: ils vous abandonnent eux-mêmes.

C'était vrai: les amis du président s'étaient débandés, essayant de fuir dans toutes les directions.

—Que faire? s'écria le général.

—Une trouée, reprit don Jaime, et sans donner au président le temps de la réflexion, en avant! cria-t-il d'une voix tonnante.

Au même instant, les révoltés se ruaient, les lances baissées, sur le petit groupe au milieu duquel se tenait Miramón.

Il y eut une mêlée affreuse de quelques minutes: don Jaime et ses amis, bien montés et surtout bien armés, réussirent enfin à s'ouvrir un passage en entraînant le général au milieu d'eux.