Dominique se leva, et prit congé de sa famille.

—Vous l'emmenez, dit Loïck.

—Oui, répondit Olivier, pour quelques jours, nous allons dans la Terre-Chaude.

—Prenez garde, dit Louise avec inquiétude, vous savez que les guérillas de Juárez battent la campagne.

—Ne crains rien, petite sœur, dit le jeune homme en l'embrassant, nous serons prudents; je te rapporterai un foulard, tu sais que voilà longtemps déjà que je t'en ai promis un.

—Je préférerais que tu ne nous quittes pas, Dominique, répondit-elle avec tristesse.

—Allons, allons, dit gaiement l'aventurier, soyez sans inquiétude, je vous le ramènerai sain et sauf.

Il paraît que les habitants du rancho avaient une grande confiance en la parole d'Olivier, car, sur cette assurance, leur inquiétude se calma, et ils prirent assez facilement congé des deux hommes.

Ceux-ci quittèrent alors le rancho, descendirent le monticule, et trouvèrent leurs chevaux tout prêts à être montés, qui les attendaient attachés à un liquidambar.

Après avoir fait un dernier signe d'adieu aux habitants du rancho groupés sur la plate-forme, ils se mirent en selle et s'éloignèrent au galop à travers terre pour aller rejoindre la route de la Veracruz.