Ah! la gravité mystérieuse, bougonne, du Portrait de Mme Cézanne,—à la pincette (Collection A. Pellerin)! Ce portrait où la robe rouge chaudron épouse avec tant d’émotion la tenture verdâtre et le fauteuil d’un jaune assourdi! Quel portrait en dehors de toute peinture, d’une réalisation jusqu’alors inédite, où rien n’est sacrifié au désir de plaire, où tout acquiert une singulière force de volonté et d’humilité! Le peintre, cette fois, a tremblé devant la nature. Il s’est contenté d’être patient, méditatif et foncièrement docile.

Des gens louent Cézanne paysagiste, Cézanne peintre de natures mortes, et se rebiffent dès qu’on veut leur imposer des Baigneuses ou un de ses portraits. Il faudra encore des années de patients rabâchages pour arriver à situer Cézanne tel qu’il le mérite. Le principal, c’est qu’un groupe d’individus soit déjà arrivé à l’estime de ses paysages et de ses natures mortes. Comprend-il ces œuvres-là davantage? Non, certes! mais enfin elle a la douce manie de croire qu’elle peut comprendre quelque chose, cette Ame de la Bourgeoisie, cette «Brute hyperboréenne des anciens jours, cet éternel Esquimau porte-lunettes, ou plutôt porte-écailles, que toutes les visions de Damas, tous les tonnerres et les éclairs ne sauraient éclairer!» (Baudelaire, Curiosités esthétiques). Et, si un jour, Cézanne devait passagèrement tomber même dans l’oubli, quitte à reparaître deux cents ans plus tard dans une lumière nouvelle d’apothéose, eh bien! nous persisterions, nous, à croire—qu’avons-nous besoin d’approbation?—que Cézanne est haut parmi les plus hauts, et que tous les livres et commentaires du Monde sont d’ailleurs bien impuissants à exprimer son apport pictural, son génie, en un mot, pour tout dire!

APPENDICE

BIBLIOGRAPHIE