M. Murat, président de la Commission.—C’est du Lampué tout pur.

M. Gaudin de Villaine.—Je vous l’ai dit en commençant. (Sourires.)

Mais voici encore deux mots du maître qui méritent d’être retenus:

Le premier prononcé il y a six ans au Pré-Catelan et rapporté par l’éditeur des photographies et gravures du maître:

M. Rodin disait: «Mes devanciers s’honorent tous d’avoir eu tel ou tel maître: Moi, je suis l’élève de Dieu!»—et le geste et l’attitude semblaient dire que l’élève dépassait le maître divin!

Le second a été prononcé à Rome en 1914 au banquet présidé par le juif Nathan (alors maire), et offert à Rodin par la municipalité romaine.

Piqué sans doute de ne pas avoir auprès de lui l’ambassadeur de France, M. Barrère (qui ne lui avait sans doute pas pardonné l’invasion du palais Farnèse, par un des produits du sculpteur: L’homme qui marche, sans tête ni bras, hélas!!) Rodin s’écrie dans son toast:

«A Rome, l’ambassadeur représente la France, moi je représente sa gloire!»

On comprend dès lors l’extraordinaire visage que (selon Camille Lemonnier analysant l’œuvre de Judith Cladel) «le maître glorieux!» s’est, à la longue, composé: «le visage d’un Pan!»

Mais, mon cher rapporteur, et selon votre verbe, gravissons ensemble «notre grand escalier qui prédispose si bien ceux qui le montent à la gravité de notre mandat!» (Sourires.)