M. le rapporteur.—Ce n’est pas moi qui ai dit cela. Il ne faut pas me rendre grotesque à plaisir.
M. Gaudin de Villaine.—Saluons, par quelques courtes citations, la névrose de ces disciples de Rodin. Ecoutez:
«Il a le grand geste érotique et chaste de l’art, fait d’androgynisme mâle et féminin...
«Rodin règne, en effet, dans l’universel, il se dénonce un cycle d’art et d’humanité total;
«Il trace par le siècle un orbe de génie, d’héroïsme et de passion où est entraînée l’âme moderne...
«Sa cérébralité avec celle de Balzac, de Hugo et de Wagner commande tout un âge de la même densité formidable qui, aux épaules du penseur, câblées comme un contrefort, fait peser la bestialité hagarde des foules, le poids d’une tête où tient un monde...
«Il est mieux qu’une page de critique au sens rigide du mot, il est un rite d’admiration et de piété.» (Mouvements divers.)
Je vous assure que je trouve ce style aussi original que décadent. Je n’en cherche pas les auteurs; mais c’est ce style qui m’a, aussi, un peu embarrassé dans l’analyse de certaines parties du rapport de l’honorable M. Lintilhac.
M. le rapporteur.—Quand on critique le style de quelqu’un on le cite, sinon la critique ne saurait porter. D’ailleurs, vous m’ornez de l’épithète de talentueux, laquelle n’est pas française.
M. de Lamarzelle.—Ce barbarisme n’est pas fait pour vous déplaire.