Ainsi s’exprime M. René Rozet dans son Idole au socle d’argile qu’il faudrait tire en entier, pour donner toute sa physionomie à l’immense mystification qu’on entend imposer à l’opinion publique.
Je n’en retiendrai que deux passages, l’un pris au début de sa magistrale étude, l’autre à la fin...
«Or, puisqu’il n’est point le dieu que l’on prétend, qu’est-ce au fond que M. Rodin, et qu’est-ce que son art?
«Dément, halluciné, possédé, convulsif... ou mystificateur, M. Rodin affirme avoir enrichi et même rénové l’art. Cependant, l’œuvre du grrrrrrrrand sculpteur ne fait illusion d’abondance, que par le nombre des variantes et de simples répliques. Elle est doublement caractérisée par une débauche d’ébauches et par la production de ruines toutes neuves.
«Ce qui s’en dégage, c’est l’effort de faire exprimer à la sculpture des idées que ne comportent pas les limites de cet art, c’est l’insurrection contre la forme, contre l’ordre, contre l’équilibre, contre la saine raison, contre la tradition, contre le bon goût, contre le bon sens.»
«Son œuvre est, dans son ensemble, une maladie de l’art; à quand la convalescence? à quand la guérison?
«Demain peut-être. Mais patience. Tôt ou tard, le bon sens outragé se vengera; circonvenue d’abord, l’opinion rendra un jugement équitable. Elle assignera à cet artiste une place importante, mais par contre, elle lui infligera une improbation sévère pour ses théories dissolvantes, pour son mercantilisme, pour son injustice envers ses confrères et sa risible adoration de lui-même.
«En dépit de la critique inféodée, qui fait pression sur le public et sur notre trop crédule gouvernement, le pseudo grand homme ne jouira pas de l’apothéose finale: ça aura été une longue vogue; ce ne sera pas la gloire! l’hôtel de Biron ne deviendra pas l’hôtel des Invalides!... Les œuvres systématiquement fragmentées de M. Rodin auront le sort qu’elles méritent. Différemment, mais comme le poète dont parle Horace, elles seront disjecta membra sculpturæ.»
Et sans vouloir rien dire de la question financière, pourtant si troublante sous des apparences de convention—car les 10.812 fr. 50 énumérés au rapport représentent exactement les frais d’entretien d’un trimestre—je laisse «le mot de la fin» à un grand ami de la France de l’autre côté des Pyrénées, le très lettré Francis Melgan: