M. de Lamarzelle.—Ne me faites pas parler...

M. le rapporteur.—Elle n’a rien de satanique, je vous assure.

M. de Lamarzelle.—C’est là un mot que je n’ai jamais prononcé.

M. le rapporteur.—On l’a insinué. Si Rodin demande une chapelle désaffectée et vide, c’est parce qu’elle est là, qu’elle s’offre pour y mettre des chefs-d’œuvre. Je vous assure que, lorsque vous les aurez vus, vous reconnaîtrez que ces réticences font plus de tort à Rodin que la vérité.

M. de Lamarzelle.—Je prends acte de votre déclaration et je déléguerai M. Delahaye à ma place pour voir le musée Rodin.

M. le rapporteur.—Après ce pèlerinage, il sera converti.

M. de Lamarzelle.—J’ajoute que, même en dehors de ce sentiment pénible que j’éprouve dans mon cœur, j’aurais combattu le projet, en effet, quoique vous puissiez en penser, certains des artistes qui défendent Rodin ne le font pas seulement par amour de son talent, mais surtout contre la tradition de l’art français. (Dénégations sur divers bancs.) Or, vous savez que, sans qu’il soit besoin même d’invoquer mes convictions religieuses, j’ai toujours protesté et je protesterai toujours à cette tribune contre toute attaque, quelle qu’elle soit, qui pourra être dirigée contre nos traditions françaises.

Je le fais pour l’art, comme je l’ai fait pour l’enseignement; je le ferai toujours, dans toute la mesure de mes forces. (Très bien! très bien! à droite.)

M. le rapporteur.—Je livre ma conclusion à la vôtre.

Reprise de la discussion du projet de loi
portant acceptation définitive de la donation de M. Auguste Rodin.