De son côté, un doux bavard, le chevalier de Coudray, dans des volumes peu connus, qui ont respectivement pour titres: Nouveaux essais historiques sur Paris, pour servir de suite et de supplément à ceux de M. de Saint-Foix (Paris, 1786);—et Le comte et la comtesse du Nord (Paris, 1782), le chevalier du Coudray nous donne de l’hôtel et du maréchal duc de Biron les croquis divertissants qui suivent:
«L’hôtel de Biron, dit-il, est situé faubourg Saint-Germain, rue de Varenne, proche la barrière. Là repose un héros, colonel du régiment des gardes françaises, il en est aussi le père. C’est au maréchal duc de Biron que Paris doit l’ordre et l’harmonie qui règnent maintenant parmi cette phalange nombreuse et formidable; c’est maintenant que l’on peut dire à juste titre que le soldat, loin d’être tapageur, ferrailleur, etc., est presque aussi tranquille que le bourgeois: rarement entendons-nous des plaintes sur le compte des gardes-françaises. L’année dernière, 1782, M. le comte et Mme la comtesse du Nord[A] se rendirent dans cet hôtel où une superbe collation les attendait avec les officiers-majors et la musique du régiment. Leurs Altesses Impériales examinèrent le jardin qui, j’ose le dire, est une des merveilles de Paris; ils admirèrent la beauté des fleurs, la variété des plates-bandes, etc., se promenèrent dans les parterres et les bosquets, s’étonnèrent de la hardiesse et de l’élégance des treillages formant des portiques, des arcades, des grottes, des dômes, des pavillons à la chinoise, etc.»
Puis ici se place un petit couplet à chanter sur la flûte:
«M. le maréchal duc de Biron, ce zélé citoyen, ce vrai patriote, non moins que brave général à l’ombre de ses lauriers, se repose de ses fatigues guerrières: dans ses nobles plaisirs, il oublie les périls qu’il a courus aux batailles de Rocoux, Laufeld, Fontenoy et au siège de Pragues.»
Puis le bavard s’exalte:
«Qu’il est doux à mon cœur (s’écrie-t-il) de conserver à la postérité les belles actions de mes concitoyens. Ce seigneur (le duc de Biron) a la passion des jardins. L’histoire nous fait voir plusieurs grands hommes aimant et cultivant eux-mêmes les fleurs. Cicéron, dans son Livre de la vieillesse, rapporte nombre d’exemples de princes et de grands personnages qui ont chéri le jardinage; entre autres nous citerons Cyrus, roi de Perse, qui, montrant son jardin à Lisandre, ambassadeur des Lacédémoniens, lui avoua qu’il en était le jardinier: Ego, inquit, ita sum dimensus, mei sunt ordinis, mea descriptio; multæ etiam istarum arborum mea manu sunt satæ.»
Ce latin l’a perdu, et le chevalier du Coudray termine, en disant des bêtises, ce premier récit:
«Si nous abandonnons (poursuit-il) les fastes de l’histoire ancienne et étrangère pour consulter celle moderne et nationale, nous y verrons des rois de la première race vaquer aux soins de leurs jardins potagers, en faire vendre les légumes et les fruits. Le grand Condé arrosait lui-même les fleurs de son jardin de Chantilly.
HOTEL BIRON.—COUR
D’HONNEUR. (Avant la
démolition des Annexes.)
Cl. Lémery