—Tu vois, disaient-ils en montrant un âne, un cheval, un boeuf, les bêtes à quatre pieds, ce sont des quadrupèdes. Les oiseaux présentent des plumes, les reptiles des écailles, et les papillons appartiennent à la classe des insectes. Ils avaient un filet pour en prendre—et Pécuchet tenant la bestiole avec délicatesse, leur faisait observer les quatre ailes, les six pattes, les deux antennes et la trompe osseuse qui aspire le nectar des fleurs.

Il cueillait des simples au revers des fossés, disait leurs noms ou en inventait, afin de garder son prestige. D'ailleurs, la nomenclature est le moins important de la Botanique.

Il écrivit cet axiome sur le tableau: Toute plante a des feuilles, un calice, et une corolle enfermant un ovaire ou péricarpe qui contient la graine.

Puis il ordonna à ses élèves d'herboriser au hasard dans la campagne.

Victor en rapporta des boutons d'or, sorte de renoncule dont la fleur est jaune. Victorine une touffe de graminées; il y chercha vainement un péricarpe.

Bouvard qui se méfiait de son savoir fouilla toute la bibliothèque et découvrit dans le Redouté des Dames, le dessin d'une rose; l'ovaire n'était pas situé dans la corolle, mais au-dessous des pétales.

—C'est une exception, dit Pécuchet.

Ils trouvèrent une rubiacée qui n'a pas de calice.

Ainsi le principe posé par Pécuchet était faux.

Il y avait dans leur jardin des tubéreuses, toutes sans calice.—Une étourderie! La plupart des Liliacées en manquent.