—Ah! oui! c'est beau, l'éducation.

Comme les orphelins ne savaient aucun métier, on leur chercherait deux places de domestiques,—et puis à la grâce de Dieu! ils ne s'en mêleraient plus!—Et désormais Mon oncle et Bon ami les firent manger à la cuisine.

Mais bientôt ils s'ennuyèrent, leur esprit ayant besoin d'un travail, leur existence d'un but!

D'ailleurs que prouve un insuccès? Ce qui avait échoué sur des enfants, pouvait être moins difficile avec des hommes? Et ils imaginèrent d'établir un cours d'adultes.

Il aurait fallu une conférence pour exposer leurs idées. La grande salle de l'auberge conviendrait à cela, parfaitement.

Beljambe, comme adjoint, eut peur de se compromettre, refusa d'abord, puis changea d'opinion, le fit dire par la servante. Bouvard dans l'excès de sa joie, la baisa sur les deux joues.

Le maire était absent, l'autre adjoint Marescot pris tout entier par son étude, ainsi la conférence aurait lieu et le tambour l'annonça, pour le dimanche suivant à trois heures.

La veille seulement, ils pensèrent à leur costume.

Pécuchet, grâce au ciel, avait conservé un vieil habit de cérémonie a collet de velours, deux cravates blanches, et des gants noirs. Bouvard mit sa redingote bleue, un gilet de nankin, des souliers de castor, et ils étaient fort émus en traversant le village.

Ici s'arrête le manuscrit de Gustave Flaubert