Elle s'en va la figure dans les mains, en sautillant à cloche-pied.

Les esclaves défilent devant saint Antoine, les chevaux, les dromadaires, l'éléphant, les suivantes, les mulets qu'on a rechargés, les négrillons, le singe, les courriers verts, tenant à la main leur lis cassé;—et la Reine de Saba s'éloigne, en poussant une sorte de hoquet convulsif, qui ressemble à des sanglots ou à un ricanement.

III.

Quand elle a disparu, Antoine aperçoit un enfant sur le seuil de sa cabane.

C'est quelqu'un des serviteurs de la Reine, pense-t-il.

Cet enfant est petit comme un nain, et pourtant trapu comme un Cabire, contourné, d'aspect misérable. Des cheveux blancs couvrent sa tête prodigieusement grosse; et il grelotte sous une méchante tunique, tout en gardant à sa main un rouleau de papyrus.

La lumière de la lune, que traverse un nuage, tombe sur lui.

ANTOINE

l'observe de loin et en a peur.

Qui es tu?